EXERCICE 26 - LES ANNEAUX TOURBILLONNAIRES

Si le pilote choisit une trajectoire, une vitesse et un taux de descente coïncidant avec la déflexion vers le bas de l’hélicoptère, celui-ci peut se trouver dans un état dit d’anneaux tourbillonnaires. La condition de décrochage, amenée par le flux de la descente dans un sens et le flux induit dans l’autre, jointe aux tourbillons marginaux présents à tous les régimes de vol, produisent un écoulement de turbulences de rotation sur les pales ainsi qu’un déplacement instable de cet écoulement sur toute l’envergure de la pale. Cette condition provoque un taux de descente élevé, des vibrations et du battement excessif et une perte partielle du contrôle cyclique, ce qui peut causer un accident. Il est évident que ces conditions doivent être évitées et le pilote devrait être capable de reconnaître les signes précurseurs et de faire un redressement en toute sécurité.

Votre instructeur révisera les raisons, les conditions et les symptômes des anneaux tourbillonnaires. Au cours d’une approche à forte pente avec un poids brut élevé, dans une condition de haute altitude-densité, en vent arrière ou avec un vent léger, l’hélicoptère peut pénétrer dans sa propre déflexion vers le bas et se présenter dans l’état des anneaux tourbillonnaires. Ces conditions faciliteraient certainement la formation d’anneaux tourbillonnaires mais ne les provoqueraient pas nécessairement. Ce phénomène devient plus probable lorsque vous vous trouvez dans toutes les conditions ci-dessous :

  1. en vol propulsé;
  2. lorsque le taux de descente est élevé, plus de 500 pieds par minute;
  3. lorsque la vitesse est inférieure à 20 mi/h.

Presque chaque transition vers le vol stationnaire utilise une descente au moteur (vol propulsé), un taux de descente et une vitesse réduite. Pour éviter la formation d’anneaux tourbillonnaires, contrôlez le taux de descente à une valeur inférieure à 300 pieds/minute.

Procédures de redressement. Il existe deux méthodes efficaces pour sortir d’anneaux tourbillonnaires, les deux changent les conditions d’écoulement d’air qui en sont la cause et les deux entraînent une grande perte de hauteur :

  1. Le piqué de redressement. Normalement cette technique entraîne moins de perte d’altitude que celle du redressement par autorotation. Le pilote doit appliquer du cyclique vers l’avant tout en réduisant le collectif; les tourbillons quittent le disque à mesure que la vitesse augmente et l’hélicoptère se déplace en avant de la déflexion vers le bas. Il est alors possible de ramener l’appareil en vol normal.
  2. La mise en autorotation. Dans cette procédure, l’écoulement de l’air à travers le disque-rotor passe de l’écoulement perturbé des anneaux tourbillonnaires à l’écoulement vers le haut de l’autorotation. Une fois que la descente en autorotation a commencé, le pilote peut alors avancer le cyclique pour prendre de la vitesse et, en même temps, augmenter la puissance afin de reprendre le vol normal.

Remarquez qu’une augmentation de collectif toute seule risque de ne pas entraîner le redressement et peut même accélérer la descente. Cette augmentation du pas des pales entraîne une augmentation de la force des tourbillons qui, à son tour, accélère la descente.

Certains pilotes mal informés décrivent les anneaux tourbillonnaires comme étant « enfoncement avec moteur »; en fait, certaines publications utilisent indifféremment les deux expressions l’une pour l’autre. La confusion vient du fait que les deux conditions ont des symptômes semblables et que l’un des cas ne décrit pas l’état d’anneaux tourbillonnaires mais un « enfoncement avec une puissance insuffisante ». Ce qui peut arriver lorsqu’un pilote tente d’arrêter une descente à faible puissance pour soudainement se rendre compte qu’il n’a pas la puissance disponible, sans dépasser les limites du moteur, ni pour mettre l’hélicoptère en vol stationnaire ni pour faire un atterrissage sans vol stationnaire. Ce n’est toutefois pas un cas d’anneaux tourbillonnaires.

Un autre cas, souvent confondu comme étant un cas d’anneaux tourbillonnaires, est le pas excessif. Ceci arrive lorsque le pilote augmente rapidement le pas du collectif et que le moteur n’a pas la puissance pour compenser l’énorme et la rapide augmentation de la traînée du rotor. Ceci entraîne un ralentissement rapide et une perte d’efficacité du rotor provoquant une descente instantanée de l’hélicoptère. Une fois de plus, il ne s’agit pas d’anneaux tourbillonnaires.
La plupart du temps, quand vous aurez à faire face à des anneaux tourbillonnaires, ce sera parce que vous aurez mal jugé le vent, vous serez lourdement chargé ou il fera très chaud. Une approche par vent arrière vers une zone restreinte ou une plate-forme de montagne est un bon exemple; dans ces cas-là, contrôlez attentivement votre taux de descente et assurez-vous que vous avez une voie de dégagement. Votre instructeur vous expliquera plus profondément les symptômes et les procédures de redressement. Généralement cet exercice ne fait pas l’objet d’une démonstration car les contraintes sur la cellule et le rotor ne sont pas connues.

IL VAUT MIEUX PRéVENIR QUE GUéRIR !

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