De l’époque du Titanic à aujourd’hui : un bref historique de la sécurité maritime

Le Titanic

Le Titanic représente sans équivoque le naufrage le plus captivant de l’histoire maritime. Peut-être est-ce dû au nombre de personnes qui ont disparu, au fait que cette tragédie aurait pu être évitée, ou encore à « ce démon glacé et capricieux, tapi dans la pénombre de l’Atlantique » que M. Richard Brown a immortalisé en 1983 dans son livre, Le voyage de l’iceberg.

Du naufrage du Titanic le 15 avril 1912 est née la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) [en anglais seulement], qui a été adoptée en 1914 et qui représente encore aujourd’hui le traité le plus important en matière de sécurité maritime.

C’est ainsi que la sécurité maritime en est venue à occuper le premier rang dans la conscience publique. Partout dans le monde, la pression se faisait de plus en plus sentir pour qu’on crée une organisation internationale permanente chargée de promouvoir la sécurité maritime plus efficacement. Les Nations Unies ont donc organisé une conférence en 1948, et l’assemblée a adopté la résolution de créer l’Organisation maritime internationale (OMI) [en anglais seulement], dont le mandat serait d’élaborer des règlements internationaux et d’améliorer la sécurité en mer. En tant que membre fondateur, le Canada est actif au sein de l’OMI depuis ses débuts en 1948 et a adopté jusqu’ici plus de 39 conventions de l’OMI dont il est maintenant question dans la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada.

Sur la scène canadienne, les origines de la sécurité maritime remontent à une loi plutôt floue de 1834 sur les bateaux à vapeur, au Nouveau-Brunswick. Puis, en 1936, la Loi sur la marine marchande du Canada (LMMC) a été adoptée en tant que principale loi régissant l’exploitation de navires canadiens dans les eaux relevant du Canada. La LMMC, qui fait partie des lois les plus anciennes du pays, représentait une approche législative fragmentée sur le transport maritime, ce qui a entraîné certaines modifications ponctuelles au cours des années. La stratégie à long terme du Canada visant à harmoniser la réglementation nationale sur la sécurité maritime aux normes internationales a été rendue possible seulement soixante ans plus tard, lorsque la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada est entrée en vigueur.

Aujourd’hui, le Canada dispose de plus de 60 règlements sur la sécurité maritime sous le régime de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada pour veiller à ce que les passagers et les membres d’équipage aient les meilleures chances de survie en cas d’incident en mer. La conception et la construction améliorée des navires, le perfectionnement de l’équipement de sécurité et de communications, la formation moderne des gens de mer ainsi que la conception des embarcations de sauvetage et les exercices s’y rattachant ne sont que quelques exemples qui ont contribué considérablement à la sécurité en mer « d’hier à aujourd’hui ».

Hier. Le Titanic disposait de gilets de sauvetage de liège, qui ne permettaient qu’une flottabilité restreinte, ne redressaient pas l’utilisateur et n’offraient aucune protection thermique contre l’eau glaciale.
Aujourd’hui. Il doit y avoir, pour chaque personne à bord, un vêtement de flottaison individuel approuvé qui permet le redressement automatique d’une personne inconsciente, de manière à ce qu’elle puisse garder le visage hors de l’eau.

Hier. Les embarcations de sauvetage du Titanic n’étaient pas adéquates et ne pouvaient contenir que la moitié des passagers. Aucun exercice d’urgence n’avait été effectué, ce qui a semé la confusion chez les passagers et l’équipage.
Aujourd’hui. La Convention SOLAS exige que les navires à passagers aient une capacité de sauvetage suffisante pour accueillir le nombre total des personnes à bord. Les embarcations de sauvetage doivent être entièrement ou partiellement fermées et doivent être munies d’un moteur. Des exercices doivent aussi être effectués régulièrement pour s’assurer que les passagers connaissent les procédures d’urgence.

Hier. Pour faire des appels de détresse, le Titanic utilisait de l’équipement radio sans fil dont la portée se limitait à 200 milles marins.
Aujourd’hui. Le Système mondial de détresse et de sécurité en mer régit les communications d’urgence maritime et utilise des réseaux par satellite pour pouvoir communiquer dans le monde entier. Les signaux sont rapidement transférés aux opérations de recherche et de sauvetage appropriées.

La Garde côtière canadienne se conforme à la Convention SOLAS et utilise des technologies de pointe en matière de sécurité pour veiller à la sécurité des personnes dans notre espace marin.

Environnement Canada a créé le site Web Titanic : Le 100e anniversaire pour fournir des détails des progrès accomplis au Canada et dans le monde en ce qui concerne la détection et la surveillance des icebergs.